Pourquoi le fil de cuivre est-il plus difficile à dévider que le fil d’acier ?
Parce que les fils à base de cuivre comme le CuSi3 ou le CuAl8 sont plus tendres. DVS 0938-1 pose donc des exigences plus élevées au dévidoir, au faisceau et à la torche que pour le soudage de l’acier.
En brasage s’ajoute le fait que le procédé laisse peu de marge. On brase avec un arc court et peu de puissance. Si la vitesse du fil varie, la longueur d’arc varie aussitôt, et avec elle la chaleur dans la tôle. Il en résulte des joints irréguliers, des porosités ou une tôle fondue superficiellement. Pour les défauts périodiques du joint, DVS 0938-3 indique donc en premier lieu : vérifier le dévidage du fil.
De quoi le dévidoir a-t-il besoin ?
D’un entraînement à vitesse de rotation constante et de galets qui ne déforment pas le fil tendre. Selon DVS 0938-1, les entraînements usuels à quatre galets avec gorge en U pour l’acier ne suffisent pas d’emblée.
- Galets d’entraînement : galets à gorge arrondie comme pour l’aluminium. Ne régler la pression qu’au niveau nécessaire. Une pression trop faible fait varier la vitesse, une pression trop forte écrase le fil.
- Vitesse constante : le moteur du dévidoir doit maintenir la vitesse réglée même sous une charge variable.
- Source de courant : si la longueur libre du fil change pendant le guidage de la torche, la source doit corriger rapidement. Pour en savoir plus : Brasage MIG.
Faisceau et torche : quand faut-il un push-pull ?
À partir d’environ 4 m de faisceau en brasage manuel et à partir de 1,5 m sur robot, DVS 0938-1 recommande un second entraînement, par exemple dans la torche. Garder par principe les faisceaux aussi courts que possible.
- Gaine en plastique : obligatoire pour le fil de cuivre, pas de gaine spiralée en acier. La mener si possible sans interruption jusqu’aux galets et au tube contact, remplacer les gaines usées ou encrassées.
- Robot : les torches refroidies par eau sont recommandées. En brasage plasma, un entraînement se trouve près de la torche ; des entraînements légers à deux galets y améliorent l’accessibilité.
- Cheminement : poser le faisceau sans boucles serrées. Chaque courbe augmente le frottement.
Des documents plus anciens indiquent encore 3 m pour la torche push-pull. L’édition de DVS 0938-1 en vigueur aujourd’hui, datant de 2012, indique 4 m pour le brasage manuel.
Pourquoi le diamètre de spire et l’hélice sont-ils si importants ?
Parce qu’ils déterminent comment le fil sort du tube contact et où il touche la tôle. DVS 0938-1 exige des tolérances serrées sur le diamètre, le diamètre de spire et l’hélice.
- Diamètre de spire : la courbure du fil suspendu librement, mesurée comme diamètre ou rayon d’une spire complète. S’il est trop petit, le fil appuie fortement contre la paroi de la gaine et du tube contact.
- Hélice : la torsion du fil le long de son axe, mesurée comme la distance entre l’extrémité du fil et un support plan. Une hélice trop forte fait se déplacer la pointe du fil.
La fiche technique DVS cite en outre des défauts à éviter absolument : stries longitudinales sur le fil, dépassement de la tolérance de diamètre, ondulation et soudures dans le fil. Ils entraînent des perturbations du procédé.
Avec les procédés rapides comme le brasage laser ou hybride, cela compte doublement : à plusieurs mètres par minute, de petits écarts décalent la position du fil par rapport à la tache focale, voir Brasage laser et hybride.
Fil tendre ou fil dur ?
Pour les robots avec de longs faisceaux, DVS 0938-1 recommande des fils de résistance plus élevée. Ils se poussent mieux et flambent moins.
Les fils à base de cuivre sont livrés dans différents états de traitement thermique. Pour les applications spéciales, il faut vérifier si des fils de résistance moyenne ou faible conviennent. Sur les métaux d’apport eux-mêmes : Métaux d’apport et désignations normalisées.
Comment dévider le fil de brasage depuis un fût ?
Avec un trajet de dévidage court et bien posé et, sur les distances plus longues, avec une gaine de dévidage à faible frottement ou un entraînement supplémentaire. Pour les fûts, DVS 0938-2 attire expressément l’attention sur le cheminement de l’alimentation en fil.
Le principe est le même que pour le fil d’aluminium tendre : si le fil est tiré à travers une longue gaine, le frottement augmente fortement à chaque courbe. Le calcul se trouve sur la page Dévidage du fil pour le soudage de l’aluminium.
- Déroulement : les coiffes pour fûts et les aides au dévidage guident le fil lorsqu’il est extrait du fût.
- Des galets plutôt que du frottement de glissement : dans les Rolliner 3G, Rolliner NG et Rolliner XL2, le fil passe sur des paires de galets.
- Second entraînement : le moteur pneumatique d’entraînement de fil DLDA1 ou le RoboFeed poussent le fil sur les longues distances.
Tous les accessoires se trouvent sous Guidage de fil. Nous vous conseillons volontiers pour la conception du trajet de dévidage.
Vidéo : Rolliner 3G, la gaine de dévidage à galets pour moins de frottement.
Questions fréquentes
Quelle gaine pour le fil CuSi3 ?
Une gaine en plastique. Les gaines spiralées en acier ne conviennent pas aux fils à base de cuivre.
Quelle longueur peut avoir le faisceau en brasage MIG ?
Sans second entraînement, jusqu’à environ 4 m en manuel et jusqu’à environ 1,5 m sur robot. Au-delà, DVS 0938-1 recommande le push-pull.
Pourquoi le fil de brasage se bloque-t-il ?
Les causes fréquentes sont une gaine en acier au lieu d’une gaine en plastique, des gaines encrassées ou usées, une mauvaise pression des galets, des courbes serrées dans le faisceau, un trajet trop long sans second entraînement et un fil avec un diamètre de spire trop petit, des stries ou une ondulation.
Peut-on utiliser le même dévidoir que pour le fil d’acier ?
Le plus souvent oui, mais transformé : gaine en plastique, galets à gorge arrondie et pression adaptée. Le moteur doit maintenir une vitesse constante.
Pour aller plus loin : articles sur le brasage à l’arc
La série suit l’ordre dans lequel les questions se posent en pratique : du procédé au joint terminé, en passant par le métal d’apport, le gaz et le matériau de base. Pour une vue d’ensemble, voir Le brasage à l’arc.
- Braser ou souder ?
- Les procédés en un coup d’œil
- Brasage MIG
- Brasage TIG et plasma
- Brasage laser et hybride
- Métaux d’apport et désignations normalisées
- Gaz de protection
- Matériaux de base et revêtements
- Types d’assemblage et géométrie du joint
- Défauts et fissuration au brasage
- Contrôle, retouche, sécurité au travail
À propos de l’auteur
Robert Lahnsteiner, Ing., est ingénieur international en soudage (IWE) et gérant de MIGAL.CO GmbH. Après une formation en télécommunications et en électronique à la HTL de Braunau, il a travaillé dix-huit ans dans les techniques de soudage chez Fronius à partir de 1983. Depuis 2001, il dirige avec Martin Erl MIGAL.CO, le fabricant de fil de soudage en aluminium établi à Landau an der Isar. Ses domaines de prédilection sont les métaux d’apport en aluminium, la fabrication et le dévidage du fil ainsi que la surveillance des procédés de soudage. Au sein du DVS, il participe depuis une trentaine d’années au comité technique FA03 « Soudage à l’arc » et préside le groupe de travail 2.4.4 « Soudage MIG de l’aluminium ».